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VACCINS
…. Mais, foi de lutin !,.. Si tu ne me laisses pas jouer mon rôle de lutin-conteur, je ne t’emmènerais nulle part aujourd’hui… Je me sens comme un jeune papillon encore prisonnier du cocon dans lequel sommeille la chenille. Ce que tu as appris sur l’immunologie va t’aider à mieux comprendre comment agit un vaccin. Cependant, avant, nous devons préciser ce qu’est un vaccin et quelles sont les substances et éléments qui entrent dans sa composition.
Miguel bondit d’enthousiasme… Enfin, il allait pénétrer au cœur du labyrinthe vaccinal. Il était bien décidé à ce qu’aucun détail de cette histoire ne lui échappe et il était prêt à demander à Deep Blue tout ce qui était nécessaire à sa compréhension, même s’il en devenait ridicule. Cependant, en parfait lutin qu’il était, Deep Blue savait que l’enthousiasme pouvait être un très mauvais conseiller au moment d’écouter et de fixer son attention. Aussi, décida t-il de commencer par une légende, non seulement afin de calmer l’adolescent, mais aussi parce qu’il savait combien il était difficile de comprendre et d’assimiler ce que le jeune homme allait entendre.
- « Il y a bien longtemps, quand l’harmonie régnait entre les mondes supérieur et inférieur, les êtres humains, les animaux, les plantes et les fleurs partageaient les cieux, les eaux et les terres. Ils n’avaient aucune raison de se protéger les uns des autres ni besoin d’adoucir leurs maux… La douleur n’existait pas. Ainsi, vivaient tous les êtres en Pays Cherokee. Les saisons marquaient le rythme des récoltes, ouvraient et fermaient les cycles de la chasse et de la pêche. Les plantes suivaient la course paisible du soleil et de la lune et les êtres vivants se multipliaient, de jour comme de nuit. En ces temps-là, le vent de la prairie n’avait rien de mieux à faire que de caresser les brins d’herbe et les arbres… Mais, il arriva ce qui finit toujours par arriver… Sous le prétexte d’accumuler encore plus d’aliments, les chasseurs commencèrent à massacrer aveuglément tous les animaux. Les troupeaux, les manades et les hordes en furent si gravement décimés que les animaux finirent par se sentir à l’étroit sur cette terre où pullulaient les êtres humains. Cerfs, ours, bisons, poissons, oiseaux, reptiles et insectes tinrent un conseil et décidèrent, d’un commun accord, de se venger des hommes. Ils les feraient mourir de maladies. Lorsque les plantes, toujours bienveillantes malgré tout à l’égard des êtres humains, découvrirent la menace qui pesait sur leurs amis, elles décidèrent, à leur tour, de les protéger de ce funeste projet. Chaque arbre, buisson, branche, brin d’herbe et plante, et même les lichens, promirent de guérir une maladie et prêtèrent serment : "nous jurons de porter aide et secours aux hommes, chaque fois qu’ils nous invoqueront…" Même les mauvaises herbes offrirent un antidote à la malveillance des animaux… C’est ainsi que naquit la science des plantes médicinales. Et c’est pour cela que chaque plante, aux quatre coins du monde, possède des vertus curatives… si tant est que l’homme soit capable de les comprendre ! On sait aujourd’hui que les Indiens Cherokees utilisèrent pour se soigner, des plantes riches en caféine ou en acide salicylique, substance basique de l’aspirine.2
A chaque époque, ses fées… - conclut abruptement Deep Blue qui ne voulait pas se laisser aller à la nostalgie ni penser à ces époques révolues où les hommes savaient encore respecter la nature et ses lois. – Mais, les fées qui se penchèrent sur le berceau des vaccins furent beaucoup moins champêtres… Comme n’importe quelle tentative curative, les vaccins qui représentent l’un des principaux outils thérapeutiques du vingtième siècle, trouvent leur justificatif fondamental dans la société même qu’ils prétendent soigner, ou plutôt protéger. Cependant, la sophistication technique de leur obtention a laissé loin derrière elle la simplicité de leur concept, pour céder la place à la complexité de leurs conséquences… Mais, suis-moi ! Nous allons découvrir ce qu’est un vaccin, quels sont ses composants génériques et quels sont les effets secondaires qu’ils peuvent provoquer… », ajouta Deep Blue.
Le local était spacieux et ce qui sautait d’abord aux yeux, était sa blancheur immaculée. Des carreaux blancs couvraient les murs et les tables de laboratoire. L’air était imprégné d’une odeur douceâtre et nauséeuse et il régnait le même silence dense et pesant que dans une église. De nombreuses personnes, vêtues d’une blouse blanche ou verte, s’affairaient, entre microscopes, éprouvettes et centrifugeuses.
- « Où sommes-nous? », demanda à voix basse Miguel. Il avait le sentiment que s’il parlait plus fort, il allait provoquer un désastre. Peut-être, quelques-unes des éprouvettes se casseraient-elles, laissant échapper quelques microbes dangereux.
- « Dans un des temples où se préparent les vaccins3… Et il me paraît logique que je te transforme en un petit rat de laboratoire. Ainsi, tu apprendras ce que peut sentir un elfe lorsque son chemin croise celui d’un géant. Ce n’est guère agréable que d’être enfermé dans un espace qui n’est pas le tien, à la merci d’un autre être, beaucoup plus grand que toi…»
- « Tu crois que je ne le sais pas ?!…, - protesta Miguel. – Tu crois que mon esprit ne se sent pas à l’étroit dans ce corps qui ne lui obéit pas ? C’est comme s’il flottait dans un habit mal ajusté ! Vraiment, tu es injuste !… »
- « Et pourquoi pas ? J’ai le droit et le devoir d’être injuste avec toi, si c’est pour ton bien … Tu veux apprendre, non ?! Rat de laboratoire est un poste parfait d’observation…», répliqua le lutin.
Miguel écouta ses os bruire comme du papier chiffonné et il les vit diminuer jusqu’à ce qu’ils atteignent la dimension d’une main humaine. Sa colonne vertébrale se plia jusqu’à atteindre l’horizontale et il sentit ses mains qui touchaient le sol en même temps que ses pieds. Ses cheveux devinrent blancs et des moustaches, plus fines qu’un fil de soie, lui poussèrent au coin des lèvres. Il voulut parler mais les mots moururent misérablement contre les deux larges dents qui fermaient son minuscule museau. Il eut peur. Il était seul, dans un monde inconnu, qui, en outre, n’était pas à sa taille. Il entendit une voix. C’était la voix de Deep Blue.
- « Tranquille ! », murmura le lutin.
- « Tranquille ?! Facile à dire… Un raton de laboratoire ne jouit pas d’une vie très longue. A dire vrai, je ne comprends pas pourquoi nous servons de modèles biologiques aux hommes. Nous sommes tellement différents !….», répondit un Miguel effrayé.
- « Cela est fort vrai... Tu as raison de le souligner et beaucoup de scientifiques le confirment. Comme le disait le Pr. Herbert Hensel4 : "Nos connaissances actuelles ne nous permettent pas de déterminer scientifiquement à travers les expérimentations animales quels peuvent être les effets, l’efficacité et l’innocuité des médicaments chez l’homme." Néanmoins, et depuis la nuit des temps, les hommes se sont toujours servis des animaux pour répondre à leurs interrogations, autrefois à travers des sacrifices et la lecture minutieuse de leurs viscères et, aujourd’hui, pour fabriquer des médicaments ou utiliser leurs organes comme succédanés. En ce qui concerne les vaccins, non seulement les animaux servent aux essais, mais aussi à leur fabrication. L’histoire de la variole t’a appris que le vaccin s’obtint grâce à une vache. Pour la diphtérie, ce fut le cheval. Quant à celle de la rage, le chien servit de fournisseur et le lapin, de raton de laboratoire. Pour la tuberculose, bœufs et rats, hamsters et chevaux, singes mono-rhésus et chimpanzés eurent l’honneur d’essayer le bacille tuberculeux bovin et humain tandis que pour la poliomyélite, ce furent les singes… Je t’ai fait un tableau qui te résume quels furent ou sont encore pour certains, les différents tissus animaux utilisés pour l’obtention des vaccins. Actuellement, ce sont également introduits dans les laboratoires des animaux transgéniques, souris, lapins, etc., porteurs d’ADN exogène et destinés à fournir de grandes quantités de protéine thérapeutiques ou de vaccins recombinants.4bis
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vaccin |
espèce animale utilisée |
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Grippe |
Embryons de poulets |
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Poliomyélite |
Singes (reins et testicules) |
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Rage |
Chiens, moutons, singes, lapins, hamsters, cerveau de rats, œufs fécondés de poules et de canard |
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Rubéole |
Lapins (reins) |
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Rougeole |
Chiens, cobayes (reins), oeufs de caille japonaise, poulet |
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Tétanos |
Chevaux |
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Coqueluche |
Rats |
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Tuberculose |
Vaches (pis) |
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Variole |
Veaux (peau), moutons (peau), lapins (yeux) |
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Source: Dittman, S - AtypischeVerdúfe nach impfugen, Johann Ambrosius Barth, Leipzig, 1981. |
Mais, savais-tu que l’un des animaux les plus prisés par la science, aujourd’hui, est le porc …? », continua le lutin.
- « Le cochon… C’est dégoûtant! », s’exclama Miguel, en faisant une grimace des plus significatives dans le monde des ratons.
- « Ironie ou coïncidence?, - sourit Deep Blue. – Bien que le porc fut méprisé par les juifs, les musulmans et les pères de l’Eglise Catholique qui voyaient en lui le symbole de l’impureté, en relation également avec le fait qu’il peut transmettre de graves maladies, cet animal fut cependant vénéré par les anciens Egyptiens qui le considérait comme une source de vie et de fécondité et s’incarna sous les traits de la déesse Nut. La magicienne Circé convertit les compagnons d’Ulysse en porcs afin de les retenir pour toujours auprès d’elle… Et aujourd’hui, il est l’animal scientifique miraculeux des années 2000 et s’est converti en l’un des fournisseurs thérapeutiques les plus courtisés, pour et par l’être humain. Non seulement, il semblerait qu’il dispose d’une constitution chromosomique étonnamment proche de celle de l’homme, mais en outre, ses organes sont quasi de la même taille, et ses hormones, son sang et différentes secrétions sont également voisines de celles de l’homme. Entre autres multiples applications et utilisations de ce vaillant autant que méprisé quadrupède, qui néanmoins offre aux palais humains la saveur inimitable du jambon, il convient de souligner quelques-unes de ses applications thérapeutiques : l’insuline pour traiter les diabétiques s’obtenait encore il y a peu, du porc. Les transplants de peau artificielle se réalisent à l’aide de la sienne et son foie vient à la rescousse de nombreux malades qui attendent un transplant ou le rétablissement fonctionnel de leur propre foie…», expliqua Deep Blue.
- « Comment son foie peut-il remplacer le mien ?, - interrompit Miguel. – L’idée que je puisse accueillir un organe animal et vivre grâce à lui ne m’enchante guère…»
- « Tu n’es pas l’unique à réagir ainsi… en face d’un tel choix. Transplanter un cœur animal en lieu et place d’un cœur humain serait une chose inconcevable pour un antique médecin traditionnel chinois, comme ton ami Zhang Lu, d’autant que selon les concepts de la médecine chinoise, le cœur est "la résidence de l’esprit". Pas plus qu’il n’est concevable pour les Témoins de Jehovah, hier comme aujourd’hui, de faire une transfusion sanguine, celui-ci étant également le "véhicule de l’âme." Si la science veut atteindre les buts qu’elle s’est fixée, elle doit être capable de vaincre plus d’une croyance, erronée ou non… quoique, parfois, la perspective d’une mort imminente soit suffisante pour convaincre le patient récalcitrant de vivre et de souffrir, un petit peu plus… Misères de l’âme humaine !
Pour en revenir à notre foie animal de "substitution", le sang du patient passe par le foie du cochon, de telle manière que cet organe effectue le travail nécessaire, tandis que le malade attend un foie humain et sain. Néanmoins, aujourd’hui, personne n’est capable de définir et encore moins d’affirmer quelle est la nature des échanges intimes qui se produisent, de l’animal à l’homme, durant cette opération5… Il y a encore plus, Miguel… Puisque nous parlons des bénéfices thérapeutiques que l’on attend du porc, sache qu’actuellement, grâce à l’ingénierie génétique, et en transplantant dans le génome de cet animal un gène humain qui régule la production d’hémoglobine, on essaie que son sang soit transfusé dans le sang humain6…», continua Deep Blue.
Miguel changea de visage. Un frisson lui parcourut l’échine. Imaginer un sang moitié animal moitié humain courir dans ses veines lui faisait dresser les poils sur le tête. La phrase de l’elfe résonnait encore dans sa tête : "personne n’est capable de définir et encore moins d’affirmer quelle est la nature des échanges intimes qui se produisent, de l’animal à l’homme…"
- « Qu’est-ce que tu as voulu dire avec "échanges intimes" ? », lui demanda-t-il.
- « Bonne question... Bien que les perspectives futuristes soient étonnantes, - lui répondit Deep Blue, - il faut insister pesamment sur le fait que la composition du milieu interne animal n’est pas l’exact reflet du milieu interne humain. D’ailleurs, ni celui des êtres humains est égal de l’un à l’autre, d’un point de vue qualitatif ! En outre, on ne tient pas compte, au moment de passer de l’expérimentation in vitro à l’expérimentation in vivo, des nombreux facteurs psychosomatiques qui sèment le désordre au sein de l’organisme humain. Après tout et bien que l’on commence à prendre plus en compte les racines psychiques de la maladie, personne ne peut t’affirmer comment un animal ou un être humain vit dans son intimité telle ou telle maladie ni comment il réagit "au fond de son cœur" lorsqu’il s’affronte à celle-ci, bien que dans le cas générique du stress, par exemple, on prescrive de manière indiscriminée des calmants aux animaux comme aux hommes. Tu dois également prendre en considération une autre nuance : si les animaux ont toujours été des "objets expérimentaux", les nouvelles techniques de l’ingénierie génétique permettent de les sacrifier en quantité moindre sur les autels de la science tandis que, parallèlement et progressivement, ce sont les êtres humains qui se convertissent en objets d’expérimentation. »
Maintenant que Deep Blue l’avait mis dans la peau d’un petit rat de laboratoire, Miguel s’imaginait mieux la souffrance et le stress que devaient ressentir tous ces animaux, emprisonnés dans des cages, à attendre qu’on leur inocule de nouveaux vaccins et des substances cancérigènes ou qu’on leur administre des médicaments "à l’essai ". Il songea que pour échapper à l’obsession expérimentale des scientifiques, le mieux serait d’être invisible. Deep Blue qui avait capté sa pensée, sourit.
- « Pourquoi tu souris ? », demanda l’adolescent.
- « Ici, on expérimente avec tout ce qui est possible et inimaginable. Tu crois que pour le simple fait d’être aussi minuscule qu’un poux, tu pourrais y échapper ? Rien de plus éloigné de la réalité. », répliqua avec ironie le lutin.
- « Des poux !, - dit Miguel, s’étouffant de rire. – Ils sont tellement petits qu’il est difficile d’imaginer des scientifiques essayant de leur inoculer quelque chose ! T’as plus envie de rire que de sentir de l’admiration ou du respect. »
- « Eh bien, détrompe-toi !… Durant la deuxième guerre mondiale, il y eut beaucoup d’autres sales guerres qui passèrent inaperçues. La guerre contre le typhus fut l’une de celles-là. L’agent causant de cette maladie, le Rickettsia prowazeki , se transmet par les poux qui trouvent également refuge sur le corps humain. Le typhus, que l’on appelait aussi "le Général Typhus", avait décimé maintes et maintes armées dans les guerres antérieures. On pensait que les poux pouvaient également changer le cours de celle-ci et imagine-toi ! Perdre une guerre à cause de quelques poux farceurs… Il y a de quoi "dégalonner" n’importe quel général…
Ainsi, à partir de la fin des années 30, scientifiques allemands et futurs alliés se livrèrent une compétition belliqueuse pour obtenir un vaccin. On avait déjà cultivé ces microorganismes sur des embryons de poulets, des poumons de rats et de lapins… Sans succès. Les Allemands fondèrent un Institut du Typhus en Pologne occupée et là, une armée de techniciens essayèrent d’injecter dans l’orifice anal de millions de poux écartelés sur des planchettes de bois, les microorganismes responsables du typhus… pour les disséquer ensuite…. »
Miguel éclata de rire. Il imaginait la scène ! Un laboratoire plein à craquer d’êtres humains dont le but était de mettre une minuscule seringue dans l’anus de poux minuscules…
- « C’est le côté extravagant de l’histoire, - interrompit Deep Blue. – Son côté plus obscur est que des expérimentations humaines furent pratiquées ensuite dans les camps de concentration, comme celui de Buchenwald où l’on créa même un "Institut de Recherche sur le typhus et les virus", tandis que les alliés essayaient, dans le même temps, leurs propres vaccins et également les vaccins allemands sur leurs propres soldats, soi-disant "volontaires". Non seulement des circuits internationaux de recherche se créèrent sinon qu’ils diffusèrent des informations, vraies et fausses, qui transitaient par les pays neutres tels que la Suède ou la Suisse. Le vaccin lui-même se convertit en arme de propagande et en le prétexte de nombreux échanges scientifiques entre Allemands, Russes et Américains, entre autres, particulièrement durant l’épidémie espagnole de 1941. Ce que l’on cherchait, outre des solutions thérapeutiques, était des "applications possibles dans le domaine des armes biologiques".7 La guerre se termina sans qu’aucun vaccin ne donne des résultats satisfaisants.
Il te faut comprendre autre chose. Cet exemple de la "guerre contre le typhus"8, dans lequel chacun se cachait derrière le slogan triomphaliste "la victoire grâce aux vaccins ", met assez bien en évidence la frontière étroite qui sépare l’essai sur des animaux de l’expérimentation humaine. Les Allemands essayèrent leurs vaccins sur des prisonniers de guerre de toutes nationalités et dans les camps d’extermination, essais qu’ils tentèrent de justifier par la suite et que les alliés condamnèrent violemment. Cependant, dans le même temps, les Américains testèrent leurs propres vaccins et insecticides sur les objecteurs de conscience ; les Français et les Anglais, sur leurs soldats, la population de leurs colonies ou territoires alliés comme l’Egypte, l’Espagne et l’Afrique du Nord. Même la Croix Rouge qui travaillait en Pologne et sur le front de l’Est servit de médiateur aux scientifiques allemands et américains, afin que l’armée allemande puisse disposer non seulement d’un vaccin antityphique en provenance de l’Institut de Berne, mais également du vaccin américain…
Ceci marqua un pas décisif dans l’expérimentation humaine à grande échelle, toujours bien réelle aujourd’hui. N’oublie pas que ce furent des orphelins qui eurent l’honneur d’essayer les premiers le vaccin contre la variole, ni que "Pasteur demanda à l’empereur du Brésil, Pedro II, de bien vouloir lui céder quelques condamnés à mort comme rats de laboratoire"9, et sans aller très loin, il y a peu, "le président Clinton à demandé pardon à la population noire d’Arkansas pour avoir servi, à son insu, de volontaires…"10 , dans le traitement, ou plutôt son absence expérimentale, de la syphilis. Comme tu le vois, derrière une soi-disant anecdote, il se cache bien souvent des questions politiques, économiques, éthiques ou encore des réalités médicales qui n’ont rien à voir avec le bien-être supposé de l’humanité… »
- « Je comprends... pardonne–moi ma réaction. Mais il faut bien le dire… les recherches scientifiques paraissent parfois sortir tout droit d’un scénario tragi-comique.. », dit le raton-Miguel qui frissonnait de peur à la seule idée de finir, proie d’une seringue…
- « Qui sait ? Peut-être apprendrais-tu enfin quelque chose d’important malgré le fait que tu sois un minuscule raton. », ajouta Deep Blue qui avait perçu la peur de son jeune ami.
- « Ton ironie à contretemps m’enchante, elfe de mon cœur, - sourit Miguel, entre rire et larmes. – Mais à la fin ! Vas-tu m’expliquer quel est le secret de la fabrication des vaccins ? »
- « Un mélange de connaissance et d’inconscience, avec un soupçon d’alchimie, - répondit le lutin, énigmatique. Mais dis-moi, sais-tu quelle est la définition du mot vaccin ?, ajouta-t-il avec curiosité. Normalement, tu devrais déjà avoir une petite idée…»
- « Une minute ! Voyons si ma réponse s’en approche: un vaccin consiste à donner carte blanche à quelques microbes morts ou seulement à moitié morts, afin qu’ils pénètrent dans mon organisme via la circulation sanguine ou via orale pour y provoquer une forme bénigne de la maladie contre laquelle ils prétendent protéger ce même organisme. On suppose en conséquence que le vaccin procure artificiellement une immunité de durée variable. En un mot comme en mille, cela consiste à provoquer une maladie que tu n’as pas ! Cela revient au même que protéger un beau jardin contre des insectes qui ne se sont pas encore manifestés, mais qui pourraient le faire un jour… l’envahir et le détruire…. Avec des pesticides !… », répondit Miguel.
- « Tu l’as plutôt bien résumé… Tu te rappelles de Jenner, n’est-ce-pas ? Bon… étymologiquement, le terme vaccin dérive du mot latin "vacca", que l’on utilisa pour désigner la lymphe de la variole bovine, avec laquelle Jenner prétendit immuniser ses contemporains contre la variole. Cependant, pour te donner une définition plus scientifique, je te dirais qu’un vaccin est une préparation qui contient des protéines antigéniques et des toxines, des bactéries ou des virus et différents produits chimiques, les adjuvants, qui servent de transporteurs, stabilisants, désinfectants, stimulants, etc…
Un vaccin a pour but de stimuler artificiellement une réaction immunitaire contre une ou plusieurs maladies infectieuses spécifiques, réaction qui doit imiter le plus possible ton immunité naturelle. Ainsi, se crée-t-il une barrière de défense qui doit – on le suppose – te protéger contre une autre et éventuelle attaque ultérieure. Comme le fait remarquer non sans humour Trevor Gunn11 : "L’évidence clinique des vaccins réside dans leur propriété indéfectible de stimuler la production d’anticorps dans un récipient de laboratoire. Néanmoins, ce qui est beaucoup moins évident, c’est de comprendre si cette production d’anticorps constitue ou non, l‘immunité. "
Vois-tu... l’immunité naturelle est un phénomène complexe qui implique la participation de plusieurs organes et systèmes et l’immunité artificielle n’arrivera jamais à reproduire la perfection de ton organisme. Il n’est pas si juste d’affirmer de façon péremptoire qu’une stimulation immunologique, provoquée par un vaccin, constitue ce qui se définit habituellement comme étant l’Immunité et encore moins, lorsqu’on ne mesure ni avant ni après une vaccination, le taux d’anticorps correspondant, présents dans ton organisme. Autre nuance au sujet de ces protéines antigéniques étrangères que l’on inocule dans ton organisme, à travers un vaccin. Je te citerais les paroles d’un médecin allemand, une autorité mondiale en matière de vaccins, le Dr. Gerhard Buchwald12. Il nous dit: "Les protéines son des substances importantes et nous en avons besoin pour vivre." »
- « Oui, je m’en souviens... Ce sont les briques de ma maison-organisme et celles de tous les êtres vivants. », interrompit l’adolescent.
- « Exact …, Mais le Dr. Buchwald ajoute également ceci : "Le problème vient du fait que, dans le cas d’un vaccin, ce sont des protéines étrangères qui sont introduites dans l’organisme. Normalement, les protéines sont transformées par le foie en composants primaires, les acides aminés. Cependant, du fait que la protéine étrangère antigénique (vaccinale) ne passe pas par les voies normales de l’organisme, elle peut induire un déséquilibre. Dans ce cas, cela provoquera toujours des effets secondaires. Chaque vaccination, qu’elle soit de nature virale ou de nature bactérienne, conduit donc à l’introduction d’une protéine étrangère…" Garde bien cette donnée présente à l’esprit.», ajouta le lutin.
- « Mazette ! Dans un monde si incertain, c’est une consolation d’avoir des scientifiques si sereins et sûrs d’eux. Du récipient de laboratoire à mon organisme... c’est toute une aventure ! Mais dis-moi, comment se conçoit et se fabrique un vaccin …? », s’exclama Miguel.
- « Attends… Avant, nous devons définir les différents types de vaccins, - l’interrompit Deep Blue. – On peut diviser les vaccins principalement en deux groupes, ceux qui contiennent des bactéries et ceux qui contiennent des virus. Ensuite, l’on distinguera les vaccins qui contiennent des microbes vivants ou atténués des vaccins qui contiennent des microbes inactivés ou morts. Ce dernier groupe se subdivise à son tour en vaccins qui contiennent des bactéries ou des virus, ou encore des antigènes purifiés. »
vaccins |
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Microbes Vivants ou Atténués |
Microbes “Morts” ou Inactivés |
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Bacteries
BCG
Vírus
Poliomyélite oral (Sabin)
Rougeole
Rubéole
Oreillons
Varicelle
Fièvre jaune
Variole
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Bacteries ou virus totales
Coqueluche(B)
Fièvre typhoide (B)
Grippe (V)
Polio Salk (V)
Rage (V)
Hépatite A
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Antígènes purifiiés
Tétanos
Diphtérie
Hépatite B (ingénieríe genétique)
Pneumonie (vaccin polyvalent)
Méningite (A +C) |
- « Et, comment désactive-t-on un microbe? J’ai l’impression que l’on est en train de parler d’une bombe à retardement... », s’exclama l’adolescent.
- « Bien… Pour obtenir les dernières citées, soit l’on modifie l’antigène et l’on obtient ce que l’on appelle anatoxines, comme c’est le cas du vaccin contre le tétanos ou celui de la diphtérie, soit l’on isole et l’on purifie les structures moléculaires spécifiques de la bactérie ou du virus. Le vaccin contre l’hépatite B est le résultat de cette technique.
Et pour répondre à ta dernière question… Il existe différentes techniques pour "tuer" ou atténuer la virulence des microbes… Mais nous commencerons par les vaccins qui contiennent des microbes inactivés ou morts. Les vaccins inactivés, dits également tués, contiennent des virus ou des bactéries dont le pouvoir infectieux ou pathogène a été inactivé par radiations, chaleur ou substances chimiques et autres techniques dont nous parlerons plus tard. Par ces procédés, l’on obtient des bactéries ou des virus, ou encore des cellules et fragments cellulaires ou viraux totalement altérés, qui seront ensuite extraits chimiquement.13
Inactiver un microbe est un procédé délicat qui présente une forte probabilité d’erreurs techniques. "Trop inactivé, il devient inefficace. Insuffisamment inactivé, il peut provoquer la maladie. Ainsi, en 1955, les premiers lots du vaccin contre la polio, des laboratoires Cutter, étaient-ils insuffisamment inactivés par le formol et provoquèrent la maladie chez de nombreux vaccinés. " 14 Autrement dit, cela signifie que, malgré les minutieux procédés de purification et de contrôle, un vaccin inactivé peut l’être insuffisamment et donc être encore par trop virulent, Une étude réalisée sous le contrôle de la OMS, entre 1970 et 1974, révéla que sur 360 cas de poliomyélite, 205 se devaient à une transmission du virus par les personnes vaccinées… Tous les cas de polio enregistrés aux Etats-Unis entre 1982 et 1985, furent tous associés au vaccin.15
Tu peux déjà en tirer deux conclusions. Premièrement, un virus ou une bactérie, bien qu’inactivés in vitro, peuvent à nouveau retrouver leur virulence, et donc être pathogènes, in vivo, c’est-à-dire, au sein d’un organisme récepteur. Et la seconde conclusion, découlant de la première : un vaccin peut contaminer un environnement sain…», expliqua Deep Blue.
- « Pardonne-moi, - le coupa Miguel , - je ne comprends pas bien de que signifie la seconde conclusion. »
- « Je voulais t’expliquer plus tard la notion de "porteur", - répondit l’elfe, - mais comme le dit le proverbe: "l’occasion fait le larron." Entre le microbe et la maladie infectieuse, existe une chaîne constituée par trois maillons : le réservoir et la source d’infection, le mécanisme de transmission et la population susceptible. Pour ce qui concerne les deux dernières, il est suffisant de préciser que les voies de transmissions sont variées : respiratoire, intestinale, cutanée, urogénitale, fécale et conjonctival. Quant à la population susceptible, les mots parlent d’eux-mêmes !
Le réservoir naturel qualifie l’habitat naturel des microbes qui, généralement, est l’organisme de l’animal ou de l’être humain. L’habitat occasionnel à partir duquel l’agent microbien passe directement à l’hôte, son amphitryon, s’appelle la source d’infection. Quelques exemples : si dans le cas de la polio, de la rougeole ou de la fièvre typhoïde, l’homme est à la fois source et réservoir, dans le cas de la fièvre jaune ou de la rage, insectes ou animaux sont le réservoir tandis que l’homme est la source d’infection.
On peut également différencier le malade du porteur sain. Est considérée comme un "porteur sain", toute personne infectée qui, sans présenter les symptômes de la maladie, peut éliminer et transmettre les germes pathogènes (polio, méningite, diphtérie ou infections par staphylocoques…). On distinguera les porteurs "contagieux", en période d’incubation (rougeole, coqueluche…), les porteurs "convalescents" toujours contagieux, (typhoïde, dysenterie bacillaire ou hépatite B…) et finalement, les porteurs sains.
Tu comprends mieux pourquoi une personne vaccinée avec un vaccin insuffisamment inactivé ou contenant des microbes vivants peut se convertir, durant un certain temps, en "porteur", bien que cette réalité clinique ne soit généralement pas admise. Je t’ai parlé, il y a peu, d’une étude de la OMS à propos de la transmission de la polio à une population saine et non vaccinée par des personnes vaccinées. Cela vient du fait que "le virus vaccinal de la polio devient de nouveau pathogène, à passer dans l’intestin des vaccinés. "16 Cela est un bon exemple d’un autre risque postvaccinal. »
- « Pour résumer, - dit l’adolescent qui commençait à entrevoir qu’une thérapeutique pouvait être à double tranchant, - une personne "saine" peut devenir contagieuse après avoir été vaccinée. C’est un vrai cercle vicieux que celui des vaccins ! J’espère au moins que la liste des dangers inhérents aux vaccins s’arrête là !…»
- « Désolé, Miguel…, - répliqua le lutin. – La réponse est non. Il existe un autre risque, un risque pire encore : que le vaccin contiennent des composants vivants qui aient échappé à l’inactivation. C’est ce qui est arrivé avec l’autre vaccin contre la polio, appelé Salk, du nom de son inventeur. Ce vaccin fut obtenu à partir de cultures de virus sur des cellules rénales de singes, les singes Rhésus d’Inde. Des millions d’enfants furent vaccinés dans le monde entier jusque dans les années 1960. Malheureusement, justement à ce moment-là, les scientifiques Sweet et Hilleman17 découvrirent que le vaccin était contaminé par un étrange virus. Ils baptisèrent ce virus, qui s’avéra être un polyoma, c’est-à-dire capable de provoquer la formation de tumeurs, "SV40" – S pour simiesque, V pour virus et 40, pour être le quarantième virus de singe connu. Inoffensif pour les singes, ce virus a la propriété d’être résistant à la formaline, substance indispensable à l’inactivation du virus de la poliomyélite.
Une étude sur les virus ADN, tel le virus SV 40, met clairement en évidence qu’il existe une connexion entre ce virus et certains types de cancers : "certains virus ADN inoculés à des animaux nouveaux-nés favorisent le cancer. On sait que des virus de la famille des papovavirus, comme le polyoma du rat, le virus SV 40 du singe et d’autres virus comme les adénovirus, entre autres virus, sont oncogénes.18 En résumé, ce virus SV 40 non seulement favorise le cancer dans certaines espèces animales, mais on a également démontré qu’il est leucémigène, c’est-à-dire, qu’il provoque la leucémie chez l‘homme. En outre, on a clairement démontré que mis au contact des cultures de tissus humains, ce virus provoque des processus de cancérisation. "19
L’Institut National du Cancer résume froidement ces faits : "Nous sommes capables de détecter dans les cultures seulement les agents qui répondent aux techniques que nous employons. Pour cela, jamais il nous sera possible d’affirmer qu’une culture cellulaire, quelqu’elle soit, est exempte de contamination. Les possibilités techniques sont infinies et nous devons reconnaître que chaque inoculation, que ce soit celle d’un vaccin atténué ou inactivé, comporte un risque potentiel de contamination. " 20
A cette réconfortante observation, vint s’ajouter la voix du Dr. Léonard Hayflick21 : "Les virus animaux cancérigènes les plus importants - ceux qui peuvent être isolés chez les primates, le SV-40 et les adénovirus cancérigènes - ne sont cancérigènes que lorsqu’ils sautent à une autre espèce. Aucun virus cancérigène de primate ne produit des tumeurs dans l’espèce animale dont le virus est originaire, mais de tels virus peuvent produire des tumeurs dans des espèces animales hétérogènes réceptrices… (…)…. Les reins de chien, utilisés actuellement aux EE.UU., pour fabriquer le vaccin contre la rougeole ne sont pas libres de virus contaminants. On connaît plusieurs virus canins comme ceux qui provoquent la leucémie mastocellulaire chez le chien ou la formation d’une tumeur vénérienne, appelée papillome…". »
- « Rassurant ! Un cancer contre l’éradication d’un virus… Dis-moi, on utilise toujours ces cultures "frankenstein"? », demanda Miguel.
- « Je crains bien que si... Ecoute ce que dit un chercheur et un expert en vaccins, le Dr. Bernice Eddy22 : "quand je parle de la fabrication des vaccins contre la polio, j’utilise fréquemment le terme "bouillie" pour souligner le fait que cette fabrication se résume à prendre des cellules de reins de singes et à faire une première culture où on les laisse "macérer" pendant deux semaines. En fait, si on les laissait plus de temps, il apparaîtrait ce que l’on appelle des "cytomégalovirus"23. On ajoute ensuite à cette culture le virus de la polio et deux jours plus tard, on recueille le produit qui en résulte, à savoir ce qui va nous servir de vaccin… Aujourd’hui, en 1994, les vaccins antipolio s’obtiennent encore à partir de virus vivants cultivés sur des cellules de singes verts d’Afrique, singes souvent séropositifs"24. Et selon le professeur J. Clausen : "des millions de personnes furent vaccinées avec ce vaccin contaminé par le virus tumoral SV 40. Il est fort probable que dans les prochaines vingt années à venir ou plus, l’on note l’effet nocif de ce virus. "25 Le Dr. Bernice parla déjà en 1972 d’ "une prochaine explosion de cancers…"26 Le cadre ci-dessous résume ces trois conclusions qui illustrent à merveille l’avertissement que nous a donné Trévor Gunn.
trois conclusions
I. - Un virus ou une bactérie, bien qu’inactivés in vitro, peuvent rétrocéder à une virulence partielle, in vivo et donc, être pathogènes pour l’organisme récepteur.
II. - Un vaccin peut contaminer à un environnement sain et non vacciné.
III. - La transmission par un vaccin d’un virus inoffensif pour l’espèce porteuse à une autre espèce réceptrice peut favoriser l’apparition de maladies, telle que le cancer. |
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